Mana, une terre d'art et d'histoire

Nichée entre savanes et forêts, Mana mêle héritage colonial, diversité culturelle et richesse artistique. Cette commune emblématique de l’Ouest Guyanais raconte l’histoire d’une femme visionnaire, Anne-Marie Javouhey, et continue de vibrer à travers ses paysages et ses artisans.

Aux origines de Mana : un projet audacieux

La commune de Mana tire son nom du fleuve qui la traverse. Longtemps habitée par les Kali’na, elle reste à l’écart des implantations européennes jusqu’au début du XIXe siècle. En 1828, l’arrivée d’Anne-Marie Javouhey et d’une centaine de colons marque un tournant.

Cette femme, fondatrice de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, fonde une habitation agricole sur les berges de la Mana. Elle y bâtit une quinzaine de bâtiments, développe l’agriculture et milite pour l’émancipation partielle des esclaves en leur donnant accès à des terres cultivables.

Malgré le refus du gouvernement d’accéder à ses demandes, Anne-Marie Javouhey a posé les premières fondations de la commune de Mana, qui est aujourd’hui un pôle important de l’Ouest guyanais

Du commerce à l’agriculture : un territoire en mouvement

L’histoire de Mana ne s’arrête pas à la colonisation. Dans les années 1880, lors de la ruée vers l’or, la commune devient le deuxième pôle commercial de Guyane. Hôtels, maisons créoles et commerces fleurissent.

Mais après la Seconde Guerre mondiale, la crise de l’orpaillage provoque un exode rural. Il faudra attendre les années 1980 pour que la culture du riz et l’élevage bovin redonnent un nouvel élan à la commune.

Aujourd’hui, plusieurs milliers de bovins paissent sur son territoire, et les terres agricoles jouent un rôle central dans l’économie locale.

Un territoire de diversité culturelle

Au fil des décennies, Mana devient un véritable mosaïque humaine. Les vagues migratoires successives façonnent son identité : installation des Hmong à Javouhey, arrivée de réfugiés surinamiens, communautés bushinengue, kali’na, créole…

Cette richesse humaine se reflète aussi dans la diversité des paysages : mangroves, lagunes, plages, vasières, forêts humides ou sur sables blancs.

Mana, terre de création artistique

Mana est aussi connue pour son engagement en faveur de l’art. Le Centre d’Art et de Recherche de Mana (CARMA) en est le cœur battant. Il valorise les arts visuels, les créations d’artistes et d’artisans de l’Ouest guyanais.

En parcourant les routes vers Mana, vous croiserez les totems sculptés qui signalent la présence des artisans référencés dans le guide « La Route de l’Art ». Ce parcours original invite à découvrir l’histoire et le patrimoine artistique de la commune.

L’héritage d’Anne-Marie Javouhey

L’empreinte d’Anne-Marie Javouhey se retrouve aussi dans le village de Javouhey, ainsi qu’à l’ancienne léproserie de l’Acarouany. C’est elle qui propose son implantation sur les rives de l’Acarouany, en remplacement de l’île du Diable.

Ce lieu de mémoire rappelle son dévouement envers les plus vulnérables et son engagement humaniste dans une époque marquée par l’exclusion.

À retenir sur la commune de Mana :

  • Mana est un site historique incontournable de l’Ouest Guyanais.
  • Elle se distingue par une diversité culturelle forte et un patrimoine naturel exceptionnel.
  • Le CARMA et La Route de l’Art invitent à explorer la commune autrement, à travers les yeux des artistes locaux.
  • Le passé de Mana, incarné par Anne-Marie Javouhey, résonne encore dans les paysages et les mémoires.